Information vs Désinformation : Comment repenser l'équation. Relever le défi des années à venir.

François-Bernard Huyhe. Observatoire Stratégique de l'Information



Dans les années 90, quand on a commencé à théoriser le numérique puis les réseaux sociaux vus comme des forces historiques déterminantes, ce fut surtout dans un registre optimiste :
- abolissant les frontières,
- favorisant l’intelligence collective,
- connectant tous les savoirs
- et unissant tous les citoyens,
le 1.0, puis le 2.0 semblaient intrinséquement démocratiques (cela se disait encore beaucoup au moment des printemps arabes).

Depuis cinq ou six ans (Brexit, élection Trump, multiplication de cyberattaques sophistiquées, thématique de la post-vérité, des guerres hybrides, des fakes et du complotisme en ligne…) tout a changé

Certes, des pessimistes se souciaient très tôt et de la capacité de subversion de réseaux agressifs et de la volonté de surveillance par des États d’un Internet pas si universel ue cela.

Or depuis cinq ou six ans (Brexit, élection Trump, multiplication de cyberattaques sophistiquées, thématique de la post-vérité, des guerres hybrides, des fakes et du complotisme en ligne…) tout a changé.

Les réseaux de l’information apparaissent comme dangereux
- et par l’information (espionnage, surveillance, anticipation des comportements) qu’ils peuvent prélever,
- et par le désordre qu’ils peuvent provoquer dans nos systèmes
- et par l’action qu’ils peuvent exercer sur l’opinion (en dépit ou contre l’action des médias mainstream et des élites).

Y compris sous l’impulsion des États (que l’on disait il n’y a pas si longtemps dépassés par la technologie sans frontières).

Comment repenser l’équation - possibilité technologique plus transformation idéologique - sans tomber dans l’utopie ancienne, mais sans non plus nourrir une nouvelle paranoïa (les mauvaises croyances produites par de "mauvaises gens" avec de bons outils de manipulation) ?

Telle sera sans doute une des priorités des prochaines années.

François-Bernard Huyghe, Président de l'Observatoire de l'Information Stratégique, interviendra aux côtés de Natalie Maroun et Thierry Marchand


L’Observatoire stratégique de l’Information (OSI)

L’Observatoire stratégique de l’Information (OSI) a pour but d’analyser l’impact de l’information mondialisée sur les relations internationales, comprendre le développement des médias et de l’importance stratégique de la maîtrise de l’information, notamment les rapports de force entre puissances politiques et économiques et les firmes qui contrôlent le flux des informations dans le monde.

Les acteurs étatiques, transnationaux, infra-étatiques déploient aujourd’hui des stratégies particulièrement complexes et sophistiquées afin de mobiliser et valoriser l’information partout dans le monde : hyperfrequency trading, attaques cyber, maîtrise des infrastructures numériques, compétition dans le développement des algorithmes d’analyse de données et de machine learning, protection de la vie privée. Ils peuvent utiliser l’ensemble des moyens technologiques à leur disposition, télévision en continu, internet, réseaux sociaux, darkweb, protocoles, et déployer des stratégiques combinant des informations dont la véracité s’insère dans un continuum complexe, depuis les faits scientifiques jusqu’aux mensonges. Les effets recherchés sont multiples, depuis l’impact sur le vote des citoyens jusqu’à la création de mouvements d’opinion ou aux guerres d’information entre Etats.

Ces formes et les technologiques renouvelées imposent de renouveler les recherches pour comprendre le développement de ces médias et l’importance stratégique de la maîtrise de l’information dans le monde contemporain.